Philippe Cognée

Né en 1957 à Nantes, Philippe Cognée y revient à la fin des années 70 après une enfance et une adolescence passées au Bénin. Alors qu’il est encore étudiant à l’Ecole des Beaux-Arts de sa ville natale, ses premières expositions attestent l’influence de l’Afrique dans des peintures au style volontiers primitif, emplies d’animaux, de formes végétales et de figures totémiques, empruntant aussi bien au Douanier Rousseau qu’à une forme d’expressivité liée à une simplification savante des formes.

Quelques années plus tard cependant, lors de son séjour à la Villa Médicis (prix de Rome, 1991), l’artiste accomplit une véritable révolution esthétique : renonçant à sa première manière, il invente une technique qui va s’imposer comme son processus de travail exclusif sur toile. A partir de photographies (et plus tard de vidéos et d’images tirées de Google Earth) qui constituent au fil du temps une véritable banque de données iconographiques, il projette la photo choisie sur la toile, en dessine à grands traits les contours puis utilise une peinture à l’encaustique (mélange de cire d’abeille et de pigments), pour placer ensuite un film transparent sur la surface peinte qu’il chauffe au fer à repasser : cette opération liquéfie la cire, fait déborder les contours, délaye les couleurs et déforme le dessin initial. Enfin, l’artiste détache le film de la surface de la toile désormais transformée en un glacis qui n’est toutefois jamais uniforme, le retrait du film provoquant ça et là des crevasses, des fêlures ou des arrachements divers.