dominique albertelli – du 18 septembre au 17 octobre 2020

Dominique Albertelli, Le murmure de l’air, la violence et la douceur

Du 18 septembre au 17 octobre 2020

Vernissage le 17 septembre :

▻ De 14h à 21h, en présence de l’artiste

▻ Entre 16h et 20h / présentation de l’exposition et du travail de l’artiste par le critique d’art et journaliste Christian Noorbergen
Visite à réserver par mail : galeriedx33@gmail.com

Dominique Albertelli vit et travaille à Paris
Née en France, Dominique Albertelli a beaucoup voyagé dès son enfance, notamment dans l’Océan Indien et plus tard en Amérique du Sud et en Amazonie. Après avoir suivi un cursus universitaire d’Ethnologie, elle a vécu plusieurs années avec deux tribus amérindiennes sur le fleuve Oyapok. De retour à Paris, elle a suivi les cours de l’Ecole Boulle de 1986 à 1990.

Chez elle, le rouge des profondeurs charnelles étreint l’étendue, tandis que ses doubles humains, déshabillés de tout dehors, envoûtent nos solitudes. Sur fond d’absence et de ciel noué, insondables et sans assise, se détachent ces toujours là, ces existants décalés et fabuleux, ses inhabitants terribles. Dominique Albertelli sacrifie les apparences. Elle s’attaque au destin. L’émotion, comme une exécution, est capitale. Le rouge et le noir tressaillent et s’abandonnent à leurs élans sacrilèges, tandis que l’écho des corps à vif résonne dans nos miroirs. La transe graphique de ses somptueux dessins tueurs de clichés, haletante et acérée, nie le confort visuel. Mais la main du peintre, comme un scalpel de sombre lumière, ne cesse de sauver la vie. Elle circule à vif dans la pulpe des énigmes vitales.
Une magie agissante, austère et sauvage, fait disparaître la normalité. Elle bouleverse le temps insidieux de l’attente. Art d’incantation brutale où palpitent de saisissantes puissances d’apparitions. Art lourd et puissant, à la scénographie décantée, tribale et prodigieuse. Toute chair est de passage, mais sans corps, l’homme se vide. Ici, dans l’œuvre, le corps insaisissable, inlassablement traqué, fait bloc, et l’espace est chargé, comme si le corps déserté pouvait encore hanter l’univers.
Dominique Albertelli creuse l’insondable mystère de l’existence, arrêtant le drame juste au bord de la vie. L’art vit de ces sublimes victoires.
Christian Noorbergen, Artension n°163, septembre-octobre 2020