Galerie D.X


Les photographies, de Juliette- Andréa Elie sont retravaillées à la pointe sèche, veulent donner à voir ce que l’on perçoit dans un paysage justement parce que cela ne s’y trouve pas. Il s’agit de pressentiments ou de souvenirs, de formes esquissées ou d’objets absents – l’essentiel est que ces paysages évanescents suscitent un émoi délicat, où le degré d’intensité affective ou d’abstraction intellectuelle varie d’une image à l’autre. Dans mes photographies, le paysage s’élabore à la fois par la superposition de couches translucides, et par le surgissement en relief des formes embossées sur le papier, destiné à détourner l’attention depuis la représentation (« l’image ») au profit d’une émotion issue de la matière : ce papier rare, translucide et cotonneux accroche la lumière, et c’est au cœur de sa transparence que les formes apparaissent. Les motifs retenus suggèrent d’autres possibles du paysage. Les perspectives s’appréhendent alors par strates presque géologiques, qui engendrent dans la photographie une profondeur temporelle : ce qui est finalement représenté n’est pas ce que l’on voit dans la nature, mais le rapport entre les choses que l’on voit, celles que l’on a vues.

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Version FR | EN Version — Traduction Louise Jablonowska